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L'Art de la pêche

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L'âme d'un aventurier acte numéro deux

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lemoucheur



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MessageSujet: L'âme d'un aventurier acte numéro deux Lun 25 Juil 2011, 13:46

Salut le récit du collegue de sa dernière viré carpe a la mouche.
Ce mec est fou furieux et c'est ca qui est bon.
Source le forum de mon club APML

Vous en voulez plus faites un tour sur son blog


BUBULE a écrit:
L'âme d'un aventurier acte numéro deux :

Depuis que suis allé là bas dans cet endroit perdu ... d'énormes poissons me hantent, j'en rêve même la nuit. Aujourd'hui coup d'œil à la météo : le temps va se dégrader dans l'après midi avec surement des orages. Rien de tel qu'un changement de temps pour aller tenter sa chance sur les grosses carpes à la mouche. Petite consultation de la carte pour essayer de trouver un passage plus "praticable". Rien, j'ai beau chercher sur la carte et compléter avec une vue aérienne... pas moyen de simplifier l'approche. Donc en route, on verra bien!
Au passage je complète mon attirail avec du 45/100° fluoro de 30 lbs de résistance. Je ne vous raconte pas la tête du vendeur quand j'y ai dit que je pêchais à la mouche et que ce n'était pas du carnassier. Je crois que je suis passé pour un fou. Bref me voilà en route pour une deuxième tentative. Sur la route ça commence bien... le CD que suis entrain de passer (du MUSE pour les amateurs) semble rayé. Allez, ce n'est que de la musique (mais quand même!).

J'arrive à proximité de l'endroit où je m'étais garé il y a quelques jours. ce coup ci je m'avance plus et je m'épargne 500 m de marche à travers les champs (oui de temps en tempos je suis flemmard, surtout sachant ce qui m'attend! Hop je change de pantalon, une bonne paire de chaussures de marche qui ont bien vécu et en route. Ce coup ci, je laisse la canne dans son fourreau et je la sangle avec la grande épuisette à mon sac à dos. Je pense que ça sera plus pratique pour traverser les ronciers).

Je retrouve facilement mon passage... il y a encore mes traces d'il y a deux jours. Je traverse la rivière et je commence à progresser dans les taillis. ce coup ci je casse une branche tous les 5 m environ pour matérialiser mon passage et faciliter mon retour. Je progresse ainsi en jurant dans les ronciers, passant à quatre pattes sous les branches et en escaladant les gros troncs qui jonchent le sol. c'est vraiment digne de l'Amazonie profonde. Pour renforcer se sentiment d'immersion dans la "jungle" de nombreux bruits viennent des profondeurs des bois.
Le temps commence à sérieusement se couvrir et comme dise les anciens "ça commence à sentir la pluie".

Rebrousser chemin? Hors de question j'ai une revanche à prendre, il faut que j'aille au bout, que j'accomplisse "ma mission" (même si j'en ai pas en fait, on s'invente souvent des histoires en allant à la pêche non?). Et ce coup ci au détour d'un chenal de crue je vais avoir la frousse de la journée! J'avançais de manière plutôt bruyante pour faire fuir les éventuelles bestioles que je pouvais rencontrer. Et bien je suis tombé nez à nez avec trois gros sangliers qui fouinaient dans la boue... je ne sais pas qui a eu le plus peur eux ou moi? Et bien ça fait bizarre dans la poitrine... drôles de sensations.




Juste avant de croiser les sangliers... le seul passage "correct"

Du coup ça m'a motivé pour avancer plus vite et sortir de là au plus vite! je me suis servi du fourreau de ma canne pour finir de me frayer un chemin au milieu des ronces... le tout agrémenté de très nombreuses égratignures et quelques jurons dans un français pas très très correct dirons nous! Ouf entre les arbres je commence à voir de la lumière au niveau du sol, je dois arriver à la lisère de cet enfer vert. Hop j'accélère encore le pas et me voilà au bord d'une prairie qui vu sa configuration doit servir de champ d'expansion de crue en période pluvieuse. Je me retourne et j'entends encore les nombreux bruits de la forêt. je lève la tête et je regarde avec admiration les arbres qui sont devant moi. Ce sont de magnifiques chênes de plusieurs siècles... Des arbres immenses et majestueux. On ne se refait pas, j'adore les arbres (il y a des bruits qui courent que c'est mon travail les arbres et le paysage!!!).

Je longe la lisière et le temps est vraiment de plu en plus menaçant. Le vent commence à souffler et de gros nuages noir avancent à bonne vitesse dans ma direction. Déjà les premières gouttes de pluie viennent s'écraser sur mon visage. Et mince j'ai oublié mon chapeau, avec ma chance je vais me prendre une se ses averses... J'avance 20 bonnes minutes en contournant de nombreux bosquets et je retrouve mon chemin (en fait une piste de sanglier) et je bifurque à droite. Descente très acrobatique sur l'argile et me voilà sur la berge à quelques mètres de l'eau en surplomb de la rivière.

Je sors la canne de son fourreau, je monte méticuleusement les quartes éléments. Ensuite vérification du frein du moulinet et pointe de 45/100°... je sais pourquoi je suis là. Je soigne mes nœuds, avec de tels poissons pas droit à l'erreur (surtout avec du fluoro). Dans ma boite je sors ma mouche fétiche pour les grosses carpes : une grosse sangsue sur hameçon très fort de fer avec une bille en tête. Pour pêcher à l'arbalète sous les branches cette mouche est royale. Pendant que je finissait mes nœuds je devine une énorme nageoire qui se dandine dans les herbiers à quelques mètres de moi... je me lève et je ne verrai plus jamais ce poisson! Volatilisé, disparu.

Donc les carpes sont actives, le temps qui tourne à la pluie semble porter ses fruits. Je commence à prospecter les bordures. Raaaaaaaa que ça pique tout ça!!! Infernal, surtout qu'il faut faire attention à tout : se faufiler entre les branches basses, les ronces, les buissons épineux... ET en plus comble de l'histoire il commence à pleuvoir vraiment très fort! L'eau dégouline de partout et la visibilité chute fortement. Je raterai deux carpes au ferrage... pas facile de ferrer correctement les poisson avec toutes ces branches, j'ai peur de casser la canne! Et puis il faut dire que comme d'habitude je pêche dans des endroits "impossibles". Il y a des racines partout, les branches des arbres touchent l'eau... la seule option pour par perdre le poisson si j'en pique un c'est de plonger avec lui et de passer la canne sous les bois immergés... ça peut sembler débile mais je l'ai déjà fait à de nombreuses reprises. Le tout c'est de bien calculer son affaire (et d'espérer que la carpe file au large et ne décide pas de faire des "looping" dans les racines).

La pluie devient vraiment très forte et je commence à sérieusement avoir froid. J'ai les lunettes polarisantes remplie d'eau et de buée, c'est dur et je commence à perdre espoir. Le bruit de l'eau sur les feuilles que j'aime d'habitude... et bien ce bruit commence à m'énerver. Je suis trempe jusqu'au os. A ce moment pour moi la partie est fichue. De grands moments de solitude où l'on pense à la victoire de la nature sur notre volonté et notre persévérance. En parlant de persévérance je me relève et je scrute plus loin là bas sous les branches... et là en surface deux nageoires dorsales émergent à intervalle régulier!!! Bingo des gros poissons. Je m'approche et qu'elle n'est pas ma déception de voir que l'endroit est vraiment infernal à pêcher.

Des branches de partout, des orties, des ronces, des racines, des branches cassées... et au milieu de tout ça 5 carpes. Trois très grosses qui dépassent à vue d'œil les 20 kilos et deux plus petites qui doivent tourner entre 10 et 15 kilos. difficile à estimer tellement elles sont dodues ici. Si le patron des pêcheurs à la mouche existe, à ce moment là je pense très fort à lui... je vais tenter l'affaire. Elles sont magnifiques, elles sont actives et moi je retrouve l'énergie nécessaire. Faut dire que là pour le coup j'ai vraiement froid, je suis trempe et l'eau ruisselle de partout. Je dégrafe le sac à dos que je vais discrètement poser à proximité de l'eau 5 ou 6 m plus bas. J'attrape mon épuisette, ma canne et la suite est digne d'un entrainement militaire: je me glisse à plat ventre sous les branches pour approcher les poissons qui ont comme d'habitude la très bonne idée de se mettre sous des taillis impénétrables (c'est ce que l'on appelle la loi de l'emmerdement maximum) .

Après quelques belles éraflures et des "dents serrées" quand j'ai attrapé des orties pour les écarter de ma tête j'arrive à deviner correctement les poissons. Je suis maintenant à genoux 1 m au dessus de l'eau... Il ne faut pas faire un seul bruit la berge est creuse et ça résonne énormément. Comment faire pour attraper une de ces belles mémères? Il est possible de faire un lancer arbalète entre les branches et les ronces... mais pour ferrer ça va être galère. Une grosse branche surplombe l'eau et je n'ai que cet endroit de "dégagé" pour tenter ma chance. Bon ben on va tenter le ferrage en tirant sur la soie!!! qui ne tente rien n'a rien. Je règle mon frein assez lâche... si un poisson prend la mouche et que j'arrive à correctement le ferrer il faudra passer sous les deux branches immergées. Je sais c'est un truc de fou que je tente mais ça a déjà marché! Comme j'ai déjà dit il faut que le poisson file au large!

Je me place et mes premières tentatives seront très mauvaises. Avec la pluie la berge est très glissante et j'ai du mal à maintenir correctement... En plus de ça la pluie m'empêche de voir correctement les poissons. Il faut dire que l'averse semble se déchainer sur moi. Qu'à cela ne tienne je l'aurai. Après avoir tenté sans succès les deux gros poissons de tête, je décide de tenter les trois derniers... Une grosse carpe et deux plus petites. Compliqué de viser dans ces conditions mais le streamer arrive à destination. Réaction immédiate de la grosse carpe qui se retourne et suis des yeux la mouche. J'ai le coeur qui palpite dans la poitrine. La grosse carpe observe cet intru... ça va le faire elle y est! C'était sans compter sur une des deux autres carpes qui bouscule sa grande soeur et aspire la mouche!!! Un truc de dingue...

Ferrage instantané en tirant sur la soie... l'instant de vérité qui va se jouer en quelques millième de secondes!!! Et c'est comme si un coup de fusil venait de m'arracher la soie des mains, BINGO! La carpe passe sous les branches te file au large en direction de grands herbiers. je saute à l'eau pointe de la canne dans la direction du poisson, le mouline hurle toute ce qu'il est capable de produire. Je passe la canne sous les deux branches, Je relève, CONTACT!!! Je suis déjà sur le backing, mais ça se présente bien : la carpe se faufile entre les herbiers au large et le 45/100° m'aide à avoir confiance.

Commence alors un bras de fer, une véritable symphonie de plaisir rythmée par le chant du moulinet! Elle a une énergie de dingue, je suis le poisson jusqu'au milieu de la rivière... j'ai de l'eau jusqu'à la poitrine, canne haute! Ca va dans tous les sens... rien ne semble fatiguer cet obus. C'est jubilatoire de tenir un tel poissons. C'est des sensations gravées en moi depuis ma première carpe à la mouche. A de nombreuses reprises j'amène le poisson dans mes pieds. La pluie continue de tomber, ambiance de bout du monde... lutte contre les éléments et contre cette belle carpe qui est bien décidé à ne pas se laisser faire.

C'est aussi le grand baptême du feu pour ma nouvelle loop multi soie de 8/9... Je n'ai attrapé que de petites carpes avec et je l'ai cassé sur un énorme poisson! Il faut conjurer le sort. Mais là tout se passe bien, le poisson commence à se fatiguer et je n'ai pas oublié de sauter à l'eau avec l'épuisette qui était pliée à côté de moi. J'amène le poisson dans mes pieds dans une zone moins profonde. Pour ne pas faire peur à la carpe je me place au milieu d'herbiers. Hop le poisson passe devant moi, il m'aperçoit fait volte face pour repartir vers le large... Sauf que j'avais prévu le coup! Le poisson se retourne et fonce dans l'épuisette... Quel coup de tête à ce moment là! La queue fouette l'eau. Scène de dingue mais je vaincu une des mémères de cet endroit magique! Ce n'est pas là plus grosse mais quel poisson!!!

Je regagne la berge... toujours sous l'averse énorme qui déverse des litres et des litres d'eau sur cette portion de la région. Je retrouve le sac à dos sur la berge, je pose le réflex... retardateur et quelques photos plus tard la carpe se faufile dans l'eau sans demander son reste!



Hop un portrait dans l'épuisette!


Et voilà la belle... vous noterez le temps détestable en arrière plan!

Heureux, il n'y a pas d'autres mots... ça avait très mal commencé et puis il a fallu aller le chercher ce poisson. Il y a quelque chose de génial dans cette pêche... toujours repousser les limites et tenter des coups impossibles! C'est à ce prix là que j'espère un jour pêcher une de ces énormes déesses qui hantent nos cours d'eau. Nous courrons tous derrière quelque chose, nous nous fixons des challenges à relever... C'est l'essence même de l'existence.

Je crois que je vais courir encore longtemps et c'est ça qui est génial... bonne soirée!

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bigbang


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MessageSujet: Re: L'âme d'un aventurier acte numéro deux Mar 26 Juil 2011, 00:41

Hé ben, un poisson amplement mérité Wink :tbr:
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lemoucheur



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MessageSujet: Re: L'âme d'un aventurier acte numéro deux Mer 27 Juil 2011, 14:10

Il fera sa + 20 c'est sur; et il va arriver a faire son silure aussi ça le démange trop !
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MessageSujet: Re: L'âme d'un aventurier acte numéro deux

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